Demeyer et Marcourt VS. Hedebouw, l'inévitable clash

Publié le 29 Janvier 2013

Demeyer et Marcourt VS. Hedebouw, l'inévitable clash

On pouvait s'y attendre dès la publication des résultats officiels des dernières élections communales. Avec deux élus pour le PTB et un pour Vega, il y allait avoir de l'animation sur les bancs du conseil communal de Liège. Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB+, est bien connu pour ne pas avoir sa langue en poche. Du côté du PS, il y a un petit temps déjà que l'on fait feu de tout bois contre le parti de gauche radicale. Pour ne rien arranger, l'actualité socio-économique liée à ArcelorMittal ajoute une tension supplémentaire. Autant dire que les tensions entre le bourgmestre de la Ville de Liège, Willy Demeyer, et le chef de groupe du PTB+ étaient inévitables. La première salve a eu lieu lundi soir lors d'un conseil communal pour le moins agité en Cité ardente.

La salle réservée au public pour assister au conseil communal était bondée hier soir. Parmi la foule, des sympathisants des nouveaux partis de gauche, voire même de gauche radicale, présents au conseil. Le premier est bien sûr le Parti des Travailleurs de Belgique emmené par son porte-parole national Raoul Hedebouw. Le second étant la Coopérative citoyenne Vega (Verts et à gauche), dont le représentant est François Schreuer.

Lors des diverses interpellations et interventions précédents l'ordre du jour, ces sympathisants se sont manifestés à plusieurs reprises. Par des applaudissements à certains moments, par des huées à d'autres. De quoi énerver le mayeur socialiste Willy Demeyer qui lance à moment donné un premier avertissement: "Le public a le droit légitime d'assister aux séances publiques du conseil, mais pas de les perturber. Je demande donc le calme sinon je vais faire évacuer la salle." Concrètement, des applaudissements ont eu lieu lors d'interventions des deux élus du PTB+ et de François Schreuer dans une moindre mesure. Des huées ont, notamment, été entendues lors d'une réponse de l'échevin cdH André Schroyen à la conseillère écologiste Géraldine Blavier.

Visiblement, l'avertissement n'a pas suffit puisque la scène s'est à nouveau déroulée à plusieurs reprises. Après avoir passé l'éponge un certain laps de temps, Willy Demeyer a fini par trancher et a ordonné l'évacuation de la salle. "J'ai prévenu que je ne tolérerais pas que la séance soit perturbée. Je demande donc que l'on fasse évacuer la salle", a ainsi ordonné le bourgmestre.

Ce qui a aussitôt déclenché une réaction de Raoul Hedebouw, ce dernier regrettant "l'évacuation de la salle du public après seulement deux conseils en présence du PTB, à cause de quelques applaudissements." Argument réfuté par le mayeur qui précise: "Je refuse que le public exerce une quelconque forme de pression sur le conseil."

Willy Demeyer a même lancé un sérieux avertissement à Raoul Hedebouw: "M. Hedebouw, nous allons avoir une discussion à l'issue de ce conseil car je ne tolère pas la manière dont cela se passe actuellement." Et d'ajouter: "Vous distribuez des nez rouges à tous les politiques, mais vous auriez bien fait d'en garder un pour vous!"

Le bourgmestre refuse par contre de considérer que c'est un incident avec le PTB. "Moi, ce que je fais, c'est faire respecter la législation. J'ai prévenu plusieurs fois, c'est mon rôle de président de séance. Cela n'est pas lié à un parti, uniquement à des comportements."

Le chef de groupe PS et ministre wallon Jean-Claude Marcourt a lui aussi eu un petit "clash" avec Raoul Hedebouw via Twitter. Le second a déploré l'évacuation de la salle tandis que le premier, s'il la regrette également, souligne que ce n'est pas dû au hasard mais bien à une volonté délibérée de certains de perturber les travaux du conseil.

D'ailleurs, la plupart des élus déploraient ce fait de devoir évacuer la salle. Une décision peut-être prise un peu vite... Ce qui fait par exemple dire à Diana Nikolic, élue libérale, ceci: " Je regrette l'évacuation du public mais l'honnêteté m'oblige de signaler qu'à côté des quelques applaudissements, il y a eu des huées aussi. Même si elles étaient dirigées contre d'autres groupes politiques que le mien, je suis convaincue que la démocratie implique le respect des opinions des uns... et des autres. Non?"

Quoi qu'il en soit, les tensions entre le PS et le PTB ne sont pas une surprise en soi. C'était notamment déjà le cas à Seraing et Herstal lors de la législature précédente. On se rappellera que le PS a, durant la campagne électorale, plus cherché à attaquer les partis situé à sa gauche que ceux à sa droite. Leur argumentation étant sensiblement axée sur le "populisme" du PTB+.

Le clash de lundi soir entre les deux ténors socialistes et Raoul Hedebouw était inévitable. Et il est certain que ce ne sera pas le dernier. Mais espérons que cela n'occultera pas le vrai débat, celui portant sur les idées et les actions.

Photo: Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer. (Crédit: Sophie Kip)

Le "tweet-clash" entre Marcourt et Hedebouw lors du conseil communal de Liège.

Le "tweet-clash" entre Marcourt et Hedebouw lors du conseil communal de Liège.

Rédigé par Gaspard Grosjean

Publié dans #PS, #PTB, #Politique, #Liège

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Albert 14/11/2013 08:04

Excellent article