Jean-Claude Marcourt: "Un service minimum au Tec porterait atteinte au droit de grève"

Publié le 25 Mars 2013

Jean-Claude Marcourt: "Un service minimum au Tec porterait atteinte au droit de grève"

La semaine dernière, le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt, était en Thaïlande pour la première mission économique de l’année. L’occasion de faire le point sur plusieurs dossiers chauds poure la grande interview de "Parlons politique" dans La Meuse de ce lundi.

Cette mission économique qui s’achève, un bon cru?

"Ces missions économiques, même si certains les décrient parfois, sont très utiles. Je prends un exemple pour illustrer cela : Mithra. C’est parce que nous sommes venus au Myanmar en 2012 qu’ils ont pu signer tous ces contrats. Il était donc important que nous allions là-bas, au Myanmar, dès la levée des sanctions internationales pour que nos entreprises se positionnent en vue de décrocher des contrats.

On a tendance à ne voir que la partie immergée de l’iceberg, à savoir l’activité des ministres ou du Prince. Mais à côté de cela, il y a des dizaines de businessmen qui travaillent pour "booster" des négociations qui, sans ces missions, dureraient des lunes!"

Parallèlement, nous arrivons à la fin du mois de mars, soit la période mentionnée afin de dégager des pistes pour le futur d’ArcelorMittal via le consultant. Le délai sera respecté?

"Le travail du consultant et de la banque d’affaires avance bien et nous prospectons tous azimuts. Nous respecterons le délai que j’ai toujours annoncé. Je pense que d’ici la fin de la semaine, nous devrions avoir tous les différents éléments en notre possession."

Vous ne citez encore aucun nom de repreneurs potentiels?

"Non, pas de nom."

Depuis l’installation du nouveau conseil communal à Liège, vous êtes devenu le chef de groupe PS. Une volonté de plus s’impliquer dans la vie communale?

"J’ai toujours dit que je n’ambitionnais aucun rôle exécutif à la Ville mais que, par contre, je souhaitais apporter quelque chose en m’impliquant plus. Marie-Claire Lambert m’avait déjà sollicité durant la législature précédente pour reprendre ce rôle de chef de groupe, ce que j’avais décliné car je désirais attendre au moins la mise en place du nouveau conseil. Mais il est clair que je marque ainsi mon attachement à ma Ville et plus largement à ma région."

Il est régulièrement mentionné que lorsque les villes bénéficient de relais à différents niveaux de pouvoir c’est un plus. Vous faites entendre la voix de Liège à l’exécutif régional?

"De par mon poste, je dois assumer la gestion de toute la Wallonie pour l’Économie et de tout l’Enseignement supérieur pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais il est clair que je ne suis pas désintéressé de ma ville au moment de prendre certaines décisions. Comme le tram, par exemple."

En 2014, vous mènerez la liste PS à la Région? Beaucoup pensent que vous serez le futur Ministre-Président si le PS est dans la majorité…

"Il n’y a aucune décision formelle pour l’instant mais il est vrai que la Fédé m’a sollicité pour tirer la liste régionale. Je n’aurais d’ailleurs pas souhaité autre chose. Pour le reste, battons-nous pour obtenir les résultats afin de laisser aux gens le choix de décider pour qui ils voteront."

Ces derniers jours, plusieurs faits d’actualité ont marqué la région liégeoise, dont le licenciement de plusieurs employés communaux à Flémalle qui étaient des absents très longue durée. Votre réaction?

"Je suis à 100% derrière Isabelle Simonis. D’ailleurs, nous le sommes tous. Ce qu’elle a fait est extrêmement courageux. Nous défendons tous les jours ceux qui se lèvent pour aller travailler. Et là, elle n’a pas puni ceux qui étaient malades, elle a puni ceux qui profitaient d’un système. Frauder, que ce soit financièrement, socialement ou autre, est inacceptable. Et je souligne le processus démocratique de la manière dont les choses ont été menées à Flémalle."

Il y a aussi eu la grève sauvage au TEC Liège-Verviers. De quoi relancer le débat sur un service minimum?

"Il faut incontestablement s’attaquer aux grèves sauvages, mais par un vrai dialogue en en faisant un point essentiel lors des négociations syndicales. Un service public minimum serait très difficile à mettre en place et porterait également atteinte au droit de grève…"

La Fédé du PS liégeois

La Fédé du PS liégeoise compte de fortes personnalités. L’ambiance interne repose sur de subtils équilibres. Pourtant, Jean-Claude Marcourt estime que ce cas de figure a changé. "Il y a peut-être 25 ans que la Fédé n’a plus été unie à ce point. L’ambiance est positive, ce qui n’empêche pas les ambitions personnelles de chacun."

Quant à certaines personnalités, Jean-Claude Marcourt a son avis: "L’arrivée de Jean-Pascal Labille est clairement quelque chose qui compte à la fédé. Frédéric Daerden a lui aussi son rôle à jouer." Quant à Stéphane Moreau, "il est légitimement à la tête d’Ans. Mais ce n’est pas encore lui qui décide de ce qui se fait à la Fédé!"

La Wallonie

Jean-Claude Marcourt est profondément régionaliste. Mais au sein de la "maison Belgique", comme il aime le rappeler.

"Je suis convaincu que la Belgique a une plus-value. Mais que la Wallonie ne peut compter que sur elle-même pour se développer. Nous sommes ici, à Bangkok, où notre commerce extérieur s’est développé à mort depuis que nous avons cette compétence! Si je suis régionaliste, je suis aussi profondément anti-nationaliste." Quant aux tensions entre partenaire de la majorité wallonne, il minimise: "Tous les apports humains entre ministres sont bons. Mais il est clair que nous n’avons pas toujours la même vision politique..."

Photo: le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (Crédit: Thomas van Ass)

Rédigé par Gaspard Grosjean

Publié dans #PS, #Politique

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