Willy Demeyer: "La Communauté urbaine est mon second, et peut-être dernier, grand objectif politique"

Publié le 23 Février 2013

Willy Demeyer: "La Communauté urbaine est mon second, et peut-être dernier, grand objectif politique"

Alors que le conseil communal de lundi se profile, le mayeur de la Cité ardente, le socialiste Willy Demeyer, a donné les grandes lignes de sa déclaration de politique générale version "light". La "vraie", plus épaisse, plus détaillée, ne sera votée que fin mai. Mais déjà, le bourgmestre en donne le leitmotiv de sa politique pour les six prochaines années : "Comment pouvons-nous aider les Liégeois en dépensant moins?" Un projet qui se veut ambition mais qui ne sera pas simple à mettre en oeuvre. La bourgmestre évoque aussi ce qui apparaît comme son dernier grand combat politique: la Communauté urbaine liégeoise.

M. Demeyer, la déclaration de politique générale que vous allez présenter définit les grandes lignes directrices des actions de la Ville, même si vous vous attellerez à en faire une plus complète fin mai, en même temps que le budget 2013. Mais quelles sont les grandes orientations ?

Ma première priorité, c’est l’équilibre budgétaire. Il n’est pas question de revenir dans une situation telle que nous l’avons connue il y a quelques années, quand Liège était étranglée par sa dette. Moi, je veux dégager des marges. Parce que notre philoso- phie est la suivante : "Comment mieux aider les Liégeois, tout en dépensant moins ?" Et je peux assurer que les Liégeois, nous allons les aider.

Et concrètement, de quelle manière ?

Un exemple : en graduant mieux la fiscalité communale. La taxe urbaine concernant les poubelles, notamment. Je voudrais revoir le taux d’exonération partiel. C’est un geste concret pour les Liégeois car durant la campagne, c’est un souci que j’ai très régulièrement rencontré. Parfois, les gens sont à quelques euros de pouvoir bénéficier de l'exonération. Et cela, pour eux, cela change tout par rapport à leur budget en fin de mois! Reste encore à voir si on fait plusieurs tranches, un lissage ou autre. Mais je tiens à dire que cela n’engendrera pas d’augmentation pour les autres non plus! Un autre exemple potentiel, ce sont des prêts à taux 0 pour les travaux en énergie.

Cela nécessite effectivement des moyens supplémentaires. Où iriez-vous chercher ces marges budgétaires ?

Il y a des convergences à faire entre la Ville et le CPAS. Pourquoi avoir deux services du personnel? Pourquoi deux services des bâtiments? L’objectif n’est pas de réduire l’emploi mais de rationaliser les services. Nous irons donc vers des synergies poussées.

Pour le moment, la dotation de la police est systématiquement indexée de 5 % chaque année. On pourrait imaginer du changement là aussi ?

Effectivement, cela ne doit peut- être pas rester à un tel pourcentage. Je pense qu’il n’y a pas besoin de policiers supplémentaires à Liège, mais pas moins non plus. Que la police fédérale assume son rôle pour le Palais de Justice et nous en récupérerons déjà quelques-uns.

Quelles seront les priorités en matière d’aménagement du territoire et d’urbanisme?

Nous continuons de prôner le retour en ville. Et je souhaite promouvoir les espaces publics de qualité. Agrandir le parc d’Avroy en fait partie. Imaginons aussi que, par exemple, nous rachetions le vieux marché d’Amercœur pour le raser et en faire un parc... Nous préférons plutôt investir dans les parcs que dans la brique, sauf si cela concerne des logements accessibles de qualité.

Quelques grands dossiers liégeois

La salle des fêtes:

La salle des fêtes figure dans la déclaration de politique générale. "Elle est souhaitée par tous mais le dossier est compliqué car, logiquement, aucun riverain ne la veut près de chez lui... Je prône également des lieux pour les manifestations culturelles "alternatives". Pour le reste des événements festifs qui ont lieu sur le territoire de la Ville, il y a un peu trop de demandes par rapport la qualité de vie en ville. Nous allons donc devoir nous pencher sur ce problème, incontestablement."

La Communauté urbaine

C'est « LE » grand projet de Willy Demeyer. "Mon premier objectif de ma vie politique était de redresser la Ville. C’est fait. Tout n'est sans doute pas parfait, mais c'est fait. Mon second objectif, et peut-être le dernier de ma carrière politique, c’est la mise en place de cette communauté urbaine." Et Willy De- meyer de détailler : "Les groupes de travail se réunissent pour le moment afin d’en jeter les bases. Nous avons un créneau entre maintenant et les élections de 2014, il faut foncer. Avant, j’étais le seul à plaider pour l’urbain. Maintenant, je suis entendu par tous et partout. "

L'Eros Center

Pudiquement appelé "centre Isatis", l’Eros Center n’est reste pas moins très attendu en Cité ardente afin d’encadrer la prostitution, no- tamment en matière d’hygiène. Et bien l’Eros-Center ne figure pas dans cette mouture « light » de la déclara- tion de politique générale. Ce n’est pas un secret, c’est du côté du partenaire cdH que ça coince. "Je suis d’accord pour ne pas le mettre, mais j’ai été clair : ça ne veut pas dire qu’on ne le fera pas", prévient Willy Demeyer.

La salle de consommation

Autre sujet sensible en Cité ardente : la toxicomanie. Alors que le projet Tadam est terminé et que sa prolongation est plus qu’incertaine, l’autre dossier phare de la lutte contre la toxicomanie est la salle d’injection pour les drogués. Ce point figure dans la déclaration. "Mais il faut tout analyser. Cela ne va-t-il pas amener d’autres drogués à Liège, par exemple. Je vais aller en visiter une à l’étranger fin mars", précise le mayeur liégeois.

Photo: Le bourgmestre de Liège, le socialiste Willy Demeyer. (Crédit: Sophie Kip)

Rédigé par Gaspard Grosjean

Publié dans #Liège, #Politique, #PS

Commenter cet article