Un cdH de Liège sous tensions

Publié le 21 Février 2013

Un cdH de Liège sous tensions

Ces derniers temps, c’était plutôt du côté du Mouvement Réformateur qu’il fallait se tourner lorsque l’on parlait de tensions internes. Mais mine de rien, c’est également le cas du côté des démocrates-humanistes. Dire que les tensions ont toujours existé, notamment entre Michel Firket et Jean-Pierre Grafé, est un euphémisme. Mais cela prend des proportions plus importantes ces derniers temps, notamment à cause de l’élection interne à la présidence de la section cdH de Liège.

Deux candidats à ce poste: Serge Carabin, ancien chef de groupe au conseil communal et non-réélu, et Juan Cortes Leclou, collaborateur du secrétaire d’État Melchior Wathelet et actuel vice-président des centristes liégeois. Plus que ces deux noms, c’est une véritable guerre des clans qui a lieu. "Des tensions internes? Oui, il en existe. Mais ce n’est pas une particularité du cdH liégeois et ce n’est pas aussi grave que certains aimeraient le faire croire", confie Xavier Geudens, président sortant et conseiller CPAS à Liège. Michel Firket, actuel premier échevin à Liège, refuse pour sa part de polémiquer: "Chacun serait bien inspiré de s’en tenir à la réserve qui s’impose."

Chaque "clan" soutiendra donc son candidat ce samedi. Et c’est clairement un duel de générations qui se profile.

Mais cette situations de tensions n’est pas une particularité des démocrates-humanistes. On se remémorera ainsi les épisodes agités chez les réformateurs dans la période post-Reynders, ou encore les pressions de chaque section locale du PS avec cet éternel et subtil équilibre centre-périphérie lors de la confection des listes.

Mais il y a cependant, dans le cas présent, des éléments propres au cdH liégeois. Avec, en premier lieu, la mise en place de la "nouvelle génération" à l’exécutif de la Cité ardente. Michel Firket et André Schroyen céderont leur place en cours de législature, c’est une certitude. Aucune date n’est définie, mais ce sera plutôt vers la fin de la mandature. L’accord est signé et enfermé dans le coffre du président Benoît Lutgen aux Deux Églises (ce point précis m'a d'ailleurs été confirmé par plusieurs personnes qui comptent au sein du cdH, N.D.L.R.). Mais c’est peut-être justement ce point précis qui cloche. Mentionner clairement la date de la passation de pouvoir n’aurait-elle pas été bénéfique pour chacun? Car actuellement, la situation est la suivante: malgré l’accord, Michel Firket mise clairement sur son amitié avec le mayeur Willy Demeyer pour rester en place le plus longtemps possible. Jusqu’au bout de son mandat? Il n’est pas impossible que ça soit son souhait. Mais pour le bien de son parti, c’est tout bonnement impensable! Il est évident qu’il ne sera plus le chef de file du cdH en 2018 pour mener la liste à Liège. Ce rôle paraît aujourd’hui tout destiné à Anne Delvaux. Et il est inimaginable de ne pas la mettre dans le bain en lui permettant de se faire la main au rôle d’échevin dans une grande ville comme Liège. Cette dernière a d’ailleurs prévenu: "Si ce n’est pas pour entrer en fonction pour deux ans, au minimum, alors qu’on ne compte pas sur moi."

Dès lors, autant clarifier les choses. Benoît Lutgen aurait tout intérêt à dire exactement quand cette passation de pouvoir aura lieu. Ainsi, la "guégerre" et les pressions à ce sujet n’aurait tout simplement plus lieu d’être.

Photo: Anne Delvaux (Crédit:Thomas Van Ass)

Infographie Sudpresse avec les principales figures du cdH liégeois et leurs affinités. Un dossier dans La Meuse de ce 22 février.

Infographie Sudpresse avec les principales figures du cdH liégeois et leurs affinités. Un dossier dans La Meuse de ce 22 février.

Rédigé par Gaspard Grosjean

Publié dans #Politique, #cdH, #Liège

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