Légitime Paul Magnette? Non, pas vraiment

Publié le 2 Février 2013

Légitime Paul Magnette? Non, pas vraiment
C'était jeudi dernier, lors des voeux 2013 du Parti socialiste. Paul Magnette, tout nouveau président du parti, tenait son premier discours devant les élus, les militants mais aussi la presse. Un discours attendu mais qui pouvait prêter à sourire dès les premières lignes où il soulignait que sa mission lui avait été confiée par les militants.

En effet, le nouveau président, par ailleurs également sénateur et bourgmestre de Charleroi, déclarait ceci: "Je ne vous cacherai pas que c’est avec une profonde émotion que je m’exprime devant vous, aujourd’hui, en tant que président du PS. Chez nous, le président est le premier des militants. Vous m’avez confié cette mission, et croyez bien que je mesure combien c’est un immense honneur, et une très haute responsabilité."

Je crois rêver. Ce n'est pas surprenant que Paul Magnette endosse le costume de président du premier parti francophone, son nom étant revenu à de multiples reprises dès que le sujet était évoqué. Mais on pouvait s'attendre à autre chose dans la forme. Pourquoi ne l’avoir pas fait élire au suffrage universel par les membres du parti? Question d'autant plus pertinente que le PS se targue régulièrement - à juste titre d'ailleurs- d'avoir toujours été un parti à instaurer un mode d’élection démocratique de son président!

C'est assez déplorable. Surtout lorsqu'on connaît la polémique qui entoure Paul Magnette concernant ses cumuls de président du PS, bourgmestre de Charleroi, sénateur et président de l'USC carolo. Petite parenthèse sur ce dernier point: on peut légitimement se demander à quoi servent les statuts mis en place suite aux "affaires" si c'est pour les arranger à sa sauce dès que cela s'avère nécessaire...

D'ailleurs, de nombreux observateurs du monde politique n'ont pas manqué de souligner l'incohérence du nouveau n°1 du PS qui a exigé de ses échevins qu'ils démissionnent de toute autre fonction politique en vue de se consacrer pleinement au redressement de Charleroi. Principe qui s'applique donc à tous les membres du collège sauf au mayeur! Magnette n’aura pas donc pas été un seul jour bourgmestre à temps plein de Charleroi.

Certains ne manqueront pas de dire la "désignation sans élection" était déjà le cas pour Thierry Giet. Là, je ne suis pas d'accord. Le "titre" du Sprimontois était clair dès le début: président ff du Parti socialiste. Les deux lettres marquent bien la situation temporaire dans laquelle se trouvait Thierry Giet. Il y a donc une nuance importante.

Je me souviens également de cette réunion houleuse au sein de la Fédé du PS liégeois où le député-bourgmestre sérésien Alain Mathot avait poussé une gueulante. Ce dernier disant que Thierry Giet ferait bien de veiller plus aux intérêts de Liège. Et d'ajouter: "De toute façon, ce n'est pas mon président!" Au moins, le message était clait. Alain Mathot s'expliquera plus tard: "Moi, lorsqu'il a fallu voter lors pour désigner notre président, c'est pour Elio Di Rupo que j'ai donné ma voix. Pas à Thierry Giet."

Je me demande donc si, cette fois, Alain Mathot reconnaît Paul Magnette, pour qui il n'a toujours pas eu à voter, comme étant son président. Car si la quasi-totalité des élus socialistes s'est félicitée de la nomination de Paul Magnette à la tête du PS, personne ne s'est opposé à ce refus de démocratie interne au sein d'un parti politique... Et ça, c'est bien dommage.

Rédigé par Gaspard Grosjean

Publié dans #Politique, #PS

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