Elections internes au MR: Reynders triomphe à Bruxelles, son clan fait de même à Liège

Publié le 13 Janvier 2013

Des scores "staliniens". C'est ainsi que l'on pourrait qualifier les résultats des élections internes au sein du MR. Ainsi, en province de Liège, le résultat le "plus bas" est celui de Gilles Foret...qui récolte cependant plus de 86% des suffrages à Liège-Ville! En l'absence de toute concurrence pour les postes principaux, deux choses significatives sont cependant à retenir: le triomphe du "clan Reynders" et le taux de participation.

 

Hormis Hervé Jamar, membre déclaré du groupe "Renaissance" à l'époque, tous les autres pontes du MR liégeois candidats à des présidences internes importantes sont des partisans de Didier Reynders. Et on a même envie de dire que les fidèles de l'ancien président national des réformateurs sont plus populaires que jamais auprès des militants. Car même si en apparence tout semble être revenu calme chez les bleus, les tensions restent vives en coulisses. Difficile en effet d'imagnier que des personnes qui se sont vivement et publiquement affrontées en prenant parti pour Didier Reynders ou Charles Michel à l'époque puissent désormais avancer main dans la main. Pour preuve, une pointure du MR liégeois me confiait que Charles Michel Michel n'avait guère apprécié les sorties de Philippe Dodrimont et de Gilles Foret contre Christine Defraigne dans la presse, suite aux mauvais résultats des réformateurs en Cité ardente. Logique quand on sait que l'actuel président du MR ne compte que deux alliés d'une certaine importance dans la province: Hervé Jamar et... Christine Defraigne, justement. Ajoutons à ce duo Olivier Hamal, qui a lui quitté l'arène politique depuis lors.

 

Pierre-Yves Jeholet est le meilleur exemple du carton des "reyndersiens" ce week-end. Avec 97,1% des suffrages en sa faveur, l'ancien porte-parole de Reynders, aujourd'hui bourgmestre de Herve et député wallon, a littéralement cartonné. Certes, il était seul en lice. Mais un résultat pareil, il faut le faire. D'autant que le taux de participations en province de Liège a été particulièrement élevé pour une élection sans grand suspense: 30,8%.

Daniel Bacquelaine a lui été réélu à la présidence provinciale avec 92,5% des voix. Le bourgmestre aqualien Philippe Dodrimont a pour sa part rempilé à la présidence de l'arrondissement de Liège (88,5%).

Toujours dans le "clan Reynders", la performance de l'Eupenoise Kattrin Jadin dans les Cantons de l'Est est à mentionner: elle est largement réélue à la tête du PFF (92,7%).

 

Mais l'élément nouveau est l'élection de Gilles Foret. Le fils de l'actuel Gouverneur entame sa troisième mandature comme conseiller communal à Liège. Peu après le scrutin communal, il sortait du bois et annonçait clairement son intention de briguer la présidence de la section de Liège-Ville et d'y remplacer une certaine... Christine Defraigne. Cette dernière ne pouvait, de toute manière, statutairement pas se représenter. Aucun autre candidat ne s'étant manifesté, la place lui était donc promise. Mais il fallait voir à quel point les militants allaient le prébisciter. La pari est réussi pour lui. Reste à voir désormais quelle sera l'orientation de sa politique, notamment en interne. Au niveau purement communal, il a six ans pour mettre en place une stratégie de redressement du MR liégeois qui vient de perdre trois siège au conseil communal. Il apparaît d'ores et déjà que Gilles Foret emmènera les siens dans six ans. Il devra donc mener sa barque et faire éclore cette génération d'élus (Nikolic, Drèze, Fraipont, etc.) qui a réalisé de bons scores mais sans plus. Notons par ailleurs que Gilles Foret est, lui aussi un poulain de Didier Reynders.

 

Didier Reynders, justement, a lui été élu haut la main dans la capitale. Il récolte 94,4 % avec deux fois plus de votes (590) que lors des élections précédentes. C'est donc un fait: les sympathisants se sont mobilisés pour lui apporter son soutien. Dire que son déménagement vers Uccle est une réussite est donc une réalité. Son score canon aux communales est là pour le rappeler. En quelques mois, il a réussit à imposer son leadership dans la capitale et certains, Vincent de Wolf en tête, doivent grincer des dents en coulisses.

L'important test électoral de 2014 sera donc un moment-clé pour la mouvance "reyndersienne" qui pourrait bien triompher à la fois à Liège et à Bruxelles. De quoi retrouver une légitimité perdue? Pas impossible...

 

Reynders a gagné à Bruxelles, son proches à Liège (Crédit: Thomas Van Ass)

Reynders a gagné à Bruxelles, son proches à Liège (Crédit: Thomas Van Ass)

Rédigé par Gaspard Grosjean

Publié dans #MR, #Politique

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