Christie Morreale, une ex-sénatrice au travail mal récompensé

Publié le 25 Janvier 2013

Christie Morreale, une ex-sénatrice au travail mal récompensé

On l'a peut-être oublié, mais les grands chambardements internes du Parti socialiste ont aussi fait des "dégâts collatéraux". Il y a Thierry Giet tout d'abord. Ce dernier a cédé sa place au Carolo Paul Magnette et va se reconcentrer sur ses fonctions de chef de groupe PS à la Chambre et de Premier échevin à Sprimont. Mais il y aussi Christie Morreale. Première échevine à Esneux. Il y a quelques jours encore, elle était assise sur les bancs du Sénat en lieu et place de... Paul Magnette, justement. Etant sa première suppléante, l'Esneutoise a donc siégé à sa place durant les 13 mois pendant lesquels le nouveau président du PS occupait ses fonctions de ministre fédéral.

En 13 mois au Sénat, Christie Morreale n'a pas chômé. 46 questions et/ou interpellations. Sans compter les propositions de loi et les motions, comme celle sur les menaces qui pèsent sur les lignes ferroviaires en Ourthe-Amblève. Bref, un réel travail dont peu de sénateurs peuvent se targuer. Elle figure en effet dans le haut du tableau des sénateurs les plus actifs. D'ailleurs, une dizaine d'autres questions, déjà préparées, n'ont pu être enregistrées officiellement avant son départ. Elles seront dès lors transmises au groupe.

"J'ai posé des questions sur des domaines divers: l'environnement, l'énergie, la défense du consommateur ou encore les chauffeurs routiers", confie-t-elle.

Ce n'est pas neuf, la situation des suppléants est instable et leur poste peut leur être retiré très vite, selon les réorganistaions politiques. Mais dans ce cas précis, je ne vous cache pas que cela me laisse un goût amer. Car la personne qui va siéger désormais, Paul Magnette donc, va cumuler des postes importants. Trop importants même pour y consacrer toute son énergie. Soyons sérieux un instant: comment peut-on exercer de manière correcte et complète les postes de bourgmestre de Charleroi, président du PS et sénateur? C'est impossible. Une journée ne compte que 24H, juste pour rappel...

Alors certes, on me dira que Benoît Lutgen, entre autres, est dans le même cas (bourgmestre de Bastogne, député et président de parti). Mais comparer une métropole de 200.000 habitants avec une entité qui n'en compte que 15.000 serait indécent. Je rappelle également que Paul Magnette avait exigé de ses échevins qu'ils ne cumulent pas afin de se consacrer pleinement à Charleroi. "Faites ce que je dis pas ce que je fais" serait-il devenu le nouveau leitmotiv du président socialiste? On peut légitimement se poser la question.

Je ne suis pas radicalement opposé au cumul des mandats. Tout est dans la mesure. Je ne vois pas, pour ne citer qu'un exemple, en quoi la fonction de bourgmestre d'Aywaille est incompatible avec celle de député wallon, comme c'est le cas pour le réformateur Philippe Dodrimont. De même, je ne vois pas d'objection à avoir un ancrage local tout en dirigeant un parti politique. Mais il faut des limites à tout cela. Quand on a la chance d'avoir une sénatrice active d'une part, et que l'on doit redresser urgemment une métropole wallonne tout en devant déjà faire campagne dans le but de mener le premier parti francophone à la victoire en 2014 d'autre part, il faut faire des choix.

Et là, ce n'est pas le bon qui a été opéré.

Photo: Christie Morreale est désormais uniquement Première échevine à Esneux.

(Crédit: Sophie Kip)

Rédigé par Gaspard Grosjean

Publié dans #PS, #Politique

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un internaute 03/07/2013 18:51

Une journee 24 h , vous cumulez 11 mandats vous..................

Sophie 28/01/2013 09:08

Rien à voir avec la politique. Mais j'adore cette photo. Quand on l'a faite on s'est fait la réflexion toutes les deux "Ca fait très Mona Lisa" :p